03/09/2010

Grp 2010: Sur un nuage!

Avertissement: ce récit est "relativement long", merci de prévoir 1 ravitaillement pour éviter la déshydratation... 5h00 les 576 coureurs sont lâchés. Calé au milieu du peloton je trottine tranquillement alors que Florence et Francis prennent la poudre d'escampette dès le départ. Je suis la procession de frontales avec un certain détachement: je suis dans ma bulle et profite de l'instant.

Arrivé à Espiaube 1 coup d'œil sur le chrono: environ 1h50 et le tout sans forcer un seul instant. Bon maintenant je suis chaud et le 1er chantier approche: la remontée des pistes de ski jusqu'au col de Portet.

Cette partie n'est pas passionnante visuellement mais la piste est large et cela me permet de monter à un rythme régulier et de commencer à dépasser sans faire d'effort superflu.

Arrivé à 300 mètres du col je fais un petit arrêt express pour rajouter 1 couche sur le haut du corps: il y a du vent bien frais et ce serait bête de prendre froid maintenant...

Passage au col en 2h40 environ (3h05 l'an dernier...) et le tout en économie d'effort. Direction le 1er ravitaillement par 1 descente sur chemin carrossable.
Restaurant Merlans: 13k2 1427+/180- 2h51 494ème/576.
Arrêt express aux toilettes. Ben oui autant profiter du confort d'un siège plutôt que de s'installer en position instable derrière un rocher... Ça c'est fait. Passons au ravito: 1 verre de coca 1 bout de chocolat et je prends quelques provisions de salés à emporter. C'est reparti après un arrêt de 4'10. Efficace le gars!

On tourne à droite et on remonte dré dans le pentu pour rejoindre le sentier du gr un peu plus haut. Nous voici vraiment en montagne avec un vrai sentier et un spectacle qui se dévoile au fur et à mesure avec l'apparition du soleil.

Phifi a l'air content d'être là!

Je profite au maximum de ces instants vraiment magiques.

Le dernier coup de rein pour atteindre le col de Bastanet me semble plus court que l'an dernier. Je dois être bien en jambe! 1 arrêt rapide pour profiter du paysage et c'est parti pour 10 bornes de descente vers Artigues et le second ravito.

La 1ère partie est assez technique. Le rythme est bon et je double régulièrement du monde sans faire d'efforts inutiles et en attendant patiemment quand le terrain ne permet pas de dépasser facilement. Je profite de ces instants pour prendre des photos.

C'est dans ce passage qu'un randonneur nous fait un pointage en direct! 446ème pour grumlie. Merci monsieur. C'est pas mal ça.

Le dernier raidillon du col de Bastanet.

On passe le barrage de Greziolles et le terrain devient plus roulant. Puisque c'est comme ça roule ma poule: tout en souplesse je « dévale » la pente tout en regardant au loin si je n'aperçois pas Flo et Francis. Que nenni! Et bien ils avancent bien les bougres...

1 petite vue en arrière sur les lacs de Bastan

A force de descendre on se retrouve à nouveau dans les arbres. Attention aux racines qui traversent le sentier sans prévenir. (c'est fourbe 1 racine...)
Artigues 29k3 1955+ 1556- 6h17 436ème/564 (+58 places).

Je suis presque passé passé trop tôt pour la luminosité...

1 petit coca et 1 verre d'eau à bulles dans le gosier pareil dans les bidons, saucisson ,jambon, pâté (euh en fait non pas pâté...) 1 bout de chocolat et encore un peu de salé à emporter. Phifi avec qui j'étais depuis le col de Portet me dit qu'il est raisonnable et qu'il s'arrête là. En même temps 1 Phifi en forme ne serait pas avec moi... A une prochaine en forme! Je sors du bâtiment pour éviter le coup de chaud et pour aller dire bonjour à Petit jeannot venu encourager les barjots des cotos et qui m'a gratifié d'1 tonitruant « Bravo grumlie » à mon arrivée.

C'est pas tout ça mais c'est l'heure du plat de résistance: Le Pic du Midi: 1686 mètres à monter en 11k1!!! Le chemin est large au départ et serpente dans la forêt puis on rejoint 1 bon sentier que l'on ne quittera plus.

Passage au dessus d'un ruisseau. C'est l'heure d'1 arrêt programmé: nettoyage du pare brise et de la carrosserie et 1 bob bien mouillé sur le crâne. A nous 2 le pic du midi. Pendant toute la montée je regarde au loin mais toujours pas la moindre trace des 2F! La montée se passe sans trop de difficulté. Certains me dépassent et j'en double d'autres.

Arrivé au col du Sencours je profite de la fraîcheur du ravito pour boire à nouveau 1 coca et de l'eau gazeuse. C'est parti pour l'assaut final. Bon ben avec l'effet conjugué de la chaleur,de l'altitude et d'1 peu de fatigue cela devient laborieux. Mais même si c'est dur je refuse de m'arrêter et continue à avancer pas à pas. Oh Francis et Flo qui déboulent dans la descente! Bravo les amis continuez comme ça. Quoi vous rejoindre dans la descente? Euh je suis pas sûr... Encore 1 petit effort et me voici au sommet. Le pointage sera un peu long du fait de la perte de la connexion Wifi. Mais bon je suis pas à la minute et cela me permet de souffler.
Pic du Midi 40k4 3641+ 1556- 10h01 412ème/529 (+24 places)

Le retour au col du sencours sera vraiment laborieux. J'essaie de trottiner mais coup sur coup: 1 caillou dans 1 chaussure, 1 point de côté et 1 pli de chaussette qui frotte sur l'autre pied. N'en jetez plus la coupe est pleine. Je me pose à l'ombre pour mettre un peu d'ordre et au redémarrage cela va nettement mieux. Dans la descente j'encourage les coureurs qui montent. Je fais un passage rapide au ravito pour prendre du saucisson et des Tucs et en route direction Tournaboup.

1 bien belle piscine à débordement!

D'un coup je me sens régénéré et « j'envoie » dans la descente. Je rattrape régulièrement du monde. Je suis content d'avoir bien géré ce coup de moins bien et je me projette mentalement sur la suite du programme.
Tournaboup 51k3 3641+ 2996- 11h48 398ème/529 (+14 places)

En 7'30 chrono: -remplissage des bidons avec le mix coca/eau pétillante qui va bien, du saucisson 1 bout de fromage et 1 verre de coca. -changement de tee shirt et remplacement du bob par un buff le tout en faisant la promo pour le Trail des Citadelles... Et c'est reparti direction le 1er ruisseau qui est sur le chemin pour un nouveau rafraîchissement Et là et bien c'est limite la cata: je glisse sur 1 pierre et me retrouve les pieds dans l'eau et à 2 doigt d'y être intégralement. C'était -1 sur ce coup! Bon Candeloro fini les pirouettes...Le triple boucle piqué n'est pas au programme, le col de Barèges oui. L'an dernier j'avais pris un gros éclat dans cette partie alors je n'en mène pas large. Le rythme n'est pas grandiose mais j'avance encore et toujours même si je me fais rattraper par 2 ou 3 coureurs de l'ultra qui ont 36 heures et 1 peu plus de 150 bornes dans les jambes... Respect!

Bientôt la fin du chantier.

Et à part cela toujours pas la moindre ombre des 2F qui gambadent toujours devant moi. A la cabane d'Aygues cluses je rajoute un peu d'eau plate dans les bidons et c'est la montée finale vers le col. Bon c'était vraiment pas du grand grumlie mais j'ai encore 1 fois limité les dégâts.

Le début de la descente vers le lac de l'Oule se fait sans excès et progressivement j'arrive à hausser le rythme jusqu'au moment ou je fais un superbe roulé boulé dans les rhododendrons! Candeloro sort de ce corps!!! Avec le ciel qui se couvre et la nuit qui approche la température baisse sensiblement et il est temps de mettre l'équipement « nuit »: tee shirt manche longue et coupe vent pour se protéger du froid et de l'humidité, 1 buff tout propre et par dessus la frontale, 1 paire de gants pour protéger les mimines et le tour est joué.

Quoi il faut aller tout là haut? "zètes pas fous non"!

Bon il est l'heure d'envoyer du gros. Je me régale dans toute cette partie qui descend au lac et je rattrape tous les coureurs passés pendant mon arrêt ainsi que d'autres pas très à l'aise à cet endroit. Arrivé au lac l'itinéraire change (en mieux) par rapport à l'an dernier et on remonte directement en direction du dernier ravitaillement.

Ça se rapproche mais c'est pas encore gagné.

Le brouillard s'intensifie et la bruine est de plus en plus présente mais cela ne m'empêche pas de garder un gros rythme. A l'approche du ravito je rattrape de nouveaux coureurs. « c'est l'odeur de la soupe qui te fais avancer aussi vite? » Oh que oui...

Restaurant Merlans: 67k3 4896+ 3647- 16h46 383ème/511 (+15 places).

Arrivé au ravito je suis super lucide et concentré. Je me refuse à rentrer dans le bâtiment: c'est un coup à s'installer au coin du feu ça... J'avale un bol de soupe assis sur un banc en 2 minutes et je repars en même temps qu'un groupe. J'entends: « à ce rythme on arrivera vers 1 heures au mieux » . Ah ben non ça va pas le faire ça, Désolé les amis mais j'ai prévu d'arriver bien plus tôt. Sur le chemin carrossable je les distance rapidement en tenant un bon rythme sur cette dernière montée.

Tournaboup c'est tout en bas à droite.

Arrivé au col de Portet je vois 1 troupeau de frontales qui a tendance à partir sur la droite. Hep c'est vers la gauche. On jardine 2 minutes pour trouver l'embranchement et bingo je tombe dessus. C'est par là. J'avance mais personne ne suit le rythme donc je me retrouve seul. Le brouillard est de plus en plus dense et la bruine s'intensifie. J'évalue la visibilité à 4 ou 5 mètres au mieux. Et pourtant je ne me pose pas la moindre question et avance soit en marchant vite soit en trottinant. Je suis « offensif » mentalement en me disant si dans 2 minutes tu ne vois pas de balise tu te poses. Je n'atteindrai jamais la barre des 2 minutes puisque les balises apparaissent au fur et à mesure. Je rejoins 1 « ultra » avec qui je fais cause commune quelques instants puis je prends les devants en restant à portée de frontales pour l'entraîner dans mon sillage.

1 grumlie qui monte et 1 Florence tout sourire qui descend du Pic du midi.

A l'approche du cap de Pède on passe sous la mer de nuage ce qui me permet de courir sur un bon rythme. Voici enfin la clôture qui marque le début du grand plongeon: 700 mètres de d- en 6 bornes dont les 300 premiers en 1k4! A partir de là je dévale à bloc en accélérant un peu à chaque fois que je vois des frontales au loin. Je double pas mal de monde. Je ne suis plus dans les nuages mais sur un nuage... La traversée de Soulan et le bout de route qui va avec est avalé tambour battant même si je sais maintenant que je n'arriverai pas avant minuit à Vielle Aure.

La vallée d'Aygues cluses

Dans Vignec je rejoins 1 nouveau coureur, il me demande « Ultra »? Non grand. Il accélère pour ne pas perdre 1 place. Comme le classement à + ou - 1 place je m'en tamponne royalement, je m'arrête pour refaire un lacet qui est défait depuis 10 bonnes minutes. Sur le coup j'ai le désir égoïste d'arriver seul avec moi même....

Arrivé dans Vielle Aure je tape un énorme sprint pour franchir la ligne et me faire pointer.
Vielle Aure 80k5 5071+/5071- 19h05'49 328ème/499 (+55 places!).
On m'enlève ma puce et on me remet le Graal tant convoité: le tee-shirt finisher!

Col de Barèges.Photo 2009

Je savoure mon final de fou furieux en prenant le soin de me changer car j'ai eu super chaud dans cette dernière descente. Puis je vais faire un tour sous le chapiteau pour boire beaucoup d'eau à bulles et pour manger un bout. 1 fois que la pression est retombée je vais voir dans l'office du tourisme le point info course pour avoir le classement de Flo et Francis puisque je suis persuadé qu'ils sont arrivés avant moi. Et là surprise; non il ne sont pas arrivés mais ils sont pointés au dernier pointage à 21h39. Ben j'y étais à 21h46... Zut je ne les ai pas vus.

Avec la montée d'adrénaline de l'arrivée je suis en forme je vais les attendre: arrivée envisagée vers 1 heure. Après un certain nombre d'arrivée les voici qui arrivent tout rayonnants. Et m...e je suis assis sur le bord de la route. Au prix d'un effort surhumain je me relève et tape un nouveau sprint pour avoir le temps de prendre la photo qui s'impose.

Yes ils sont finishers. 1 grand bravo les amis. Après avoir échanger nos impressions et trouver le pourquoi je suis passé devant sans les voir, le froid et la fatigue nous gagne. Il est temps d'aller se reposer. Bonne nuit les amis! Observations: -1 départ prudent est la base solide d'une course réussie! -La gestion des ravitos tu optimises: des arrêts oscillants entre 3'10 et 11' sur les 5 points pour un total d'environ 32'. -Les coups de mou tu géreras: dès que c'est moins facile on réduit la voilure et on ne force pas. Cela passe plus rapidement et laisse moins de trace. Néanmoins toujours tu avances. -Utiliser ce que la nature met à disposition pour se rafraichir ou éviter de trop charger ses bidons aux ravitaillements. -Le poids de ton sac tu limites: Bon là il y a encore du boulot... J'ai toujours besoin de partir avec une véritable épicerie dans le sac! -Dans les 1ères descentes tu ne t'emballes pas même si l'envie est bien présente. -Attention aux éléments météo tu fais: il vaut mieux « perdre » 1 ou 2 minutes à se couvrir et se découvrir que de prendre un coup de froid ou de chaud qui peut ruiner tous les efforts réalisés. -Tout cela mis bout à bout te permets peut être de finir sur un rythme assez élevé.

Je ne croyais pas être capable de refaire le final de l'an dernier et bien j'ai fait encore mieux...220ème chrono sur la partie finale et le 3ème temps de ceux passés au dernier pointage après 20h15! Si c'est pas un finish de fou furieux je me demande ce que cela peut être. Surtout que j'ai gagné environ 1h40 sur les parties comparables à l'an dernier en arrivant au col de Portet.

Conclusion: (il était temps...) je me suis régalé du début à la fin. Le résultat est plus que satisfaisant! Et cela fait plaisir de voir les progrès réalisés en 2 ans et 3 éditions du GRP.

Merci à tous pour les encouragements avant et pendant l'épreuve.Et merci d'avance pour vos commentaires!

A bientôt pour de nouvelles aventures!

8 commentaires:

  1. Du grand Grumlie ce récit !!!Bravo pour ta course et surtout pour ce finish de folie qui laisse penser que tu en avais encore sous la pédale ! tout cela étant de très bon augure pour ton grand projet 2011.

    Sur le début de la course, j'étais persuadé que tu étais devant !!

    En tout cas, Flo et moi avons appréciés les moments passés ensemble la veille, avant et après la course.

    RépondreSupprimer
  2. Ouf, je suis vidé, quel récit ! On s'y croirait vraiment. En tout cas super course, faudra peut être que je m'en inspire si je suis sur le GRP en 2011.
    Bravo Grumlie

    RépondreSupprimer
  3. bien joue romain celui a tu l'as mene d'une main de maitre du debut a la fin

    RépondreSupprimer
  4. Bravo Romain. Super récit !
    Tu as réussi une gestion de course parfaite. Tu as pris un grand plaisir sur ce GRP 2010, ça se voyait à l'arrivée et encore dimanche matin ;)
    A une prochaine
    laurent

    RépondreSupprimer
  5. Bravos pour ta course et pour ce récit pétillant ! j'ai l'impression que tu as pris beaucoup de plaisir dans ce GRP et moi beaucoup de plaisir à lire ton récit. Belle aventure à bientôt.FLO

    RépondreSupprimer
  6. Que voila un ultra magnifiquement géré ! Tes observations finales anlysent bien comment le terminer sans se faire mal.
    Bravo pour cette remontée fantastique, pour tes photos de ces coins magnifiques et merci pour la pub citadelienne.
    A bientôt sur les sentiers.

    RépondreSupprimer
  7. Je vieillis, je ne me rappelais pas de ce récit.Mais je l avais lu puisque commenté...
    Je poursuis mes révisions en vue de mon retour sur le 80. Pour toi ce sera juste le double ;-)

    RépondreSupprimer
  8. Heureux de découvrir que ce récit existe encore et de revoir les paysages de cette fin août 2010. Très beau récit. Je suis le "1012" en vert sur la photo de l'ascension du Pic du Midi. Cette année je me suis lancé sur l'Ultra mais j'ai calé à Cauterêts vaincu par le sommeil que j'ai mal géré. Encore merci pour ce très beau témoignage.

    RépondreSupprimer